L’abbé Jacques Dujarié, un homme de son temps (1767-1838)

Il est né le 9 décembre 1767 dans une famille paysanne de la Sarthe en France. Il est séminariste à Angers, pour le diocèse du Mans, lorsque débute la Révolution française en 1789. Le Séminaire est fermé en 1791 et Jacques Dujarié prend le métier de tisserand.

Après la chute de Robespierre, 27 juillet 1794, il reprend en douce ses études mais il sera à nouveau contraint d’agir dans la clandestinité. C’est dans cette situation qu’il est ordonné prêtre le 26 décembre 1795. Pendant plus de six ans il exercera clandestinement son ministère dans les environs de Ruillé.

Le Concordat (1801-1802) survenu entre l’État français et Rome va permettre à Jacques Dujarié de prendre officiellement en charge la paroisse de Ruillé-sur-Loir le 27 mai 1803.

Comme il le dit lui même, il se veut au service de tous, « en particulier de l’orphelin, de la veuve et de tout homme souffrant ». Le maire de la commune souligne comment il s’était déjà fait remarquer par son dévouement près des pauvres et des enfants, en tant que jeune prêtre clandestin.

Les populations des campagnes françaises étaient laissées à l’abandon au lendemain de la Révolution. Le Père va chercher des jeunes filles désireuses de se dévouer à l’Évangile, pour enseigner et catéchiser les enfants des Hauts-de-Ruillé. Elles auront à réconforter les malades des hameaux très éloignés du bourg. Vite, elles gagnent la confiance des habitants. La Petite Providence est née (1811) en même temps que l’Institut que nous connaissons aujourd’hui du nom des « Sœurs de la Providence ».

Son souci principal, à partir de 1820, sera l’ébauche d’une communauté de frères destinés à l’éducation des enfants, les Frères de Saint-Joseph. En 1822, il a une vingtaine de postulants et le 25 juin 1823 il obtient du pouvoir civil l’autorisation requise pour cette fondation.

À compter de 1826, il chercha à s’associer une société de prêtres pour consolider ses deux jeunes communautés naissantes. Son projet n’aboutit pas et les Sœurs de la Providence prennent leur pleine autonomie (1831).

À la retraite de 1832, Basile Moreau, un des prédicateurs et ami de l’abbé Dujarié, propose une association en vue de la promotion de la communauté. Cela démarre lentement, mais suite à de sérieux problèmes de santé, Jacques Dujarié, à l’invitation de l’évêque du Mans, va demander à l’abbé Basile Moreau de prendre en charge les Frères de Saint-Joseph (31 août 1835).

Deux ans plus tard, naîtra l’Association de Sainte-Croix, du nom de la commune où a été signée l’acte fondateur.

L’abbé Jacques Dujarié meurt le 17 février 1838 au Mans. Aujourd’hui, il repose dans la chapelle des Soeurs de la Providence.